Musique : « Somnambules » Raphaël

5827-raphael-pochette-album-SomnambulesTrois ans après le déjà réussi « Super Welter », ambitieux artistiquement mais injustement boudé par le public, Raphaël nous revient précédé d’un album frais et enlevé au titre éponyme « Somnambules ». Plus accessible, avec des mélodies inspirées, ce dernier devrait connaître un succès mérité tant le compositeur semble avoir trouvé dans cette enfance revisitée une fraîcheur qui se retrouve tout au long du disque. Il renoue avec l’évidence de titres riches d’être épurés comme « Sur mon dos », « Ramène-moi en arrière » ou bien encore « Tous mes petits enfants ». C’est folk et délicieux, l’enfance et sa part de naïveté colle parfaitement à Raphaël. Ce qui pouvait autrefois être jugé comme de la facilité, de la suffisance est aujourd’hui pleinement assumé par l’artiste qui dans le très beau morceau « Maladie de cœur », affirme ce côté adulescent tantôt rêveur et ingénu tantôt meurtri. « Somnambules » est touchant puisque désarmant de sincérité. L’ensemble sonne juste et les treize morceaux qui le composent de résonner comme une partition tout en nuance sur ce temps béni (?) de l’enfance. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Musique : « Ul Liorzh vurzhudus » de Denez

7842365Dire que j’attendais cet album est un doux euphémisme ! Douze ans de silence ponctué de rares apparitions sur scène, Denez Prigent prend son temps et sait à merveille conserver cette part mystérieuse qui fait la richesse de son art. « Ul Liorzh vurzhudus » ou le jardin enchanteur, un titre qui est on ne peut plus en harmonie avec ce que dégage ce cinquième album de Denez Prigent. Denez, car c’est ainsi qu’il faut dorénavant l’appeler, a écrit, encore et encore, des gwerz ou complaintes chantées dans la langue de son cœur, de son âme, le breton. Ces gwerz nous emportent dans un autres monde, celui de la nature, de ses racines, du Trégor où il vit à présent, de la mort aussi, qui a hélas emporté récemment sa compagne. Il lui consacre une gwerz en forme d’épiphanie longue de plus de dix minutes. Sommet d’émotion et de pudeur, un écrin fragile et dans un même élan la force d’une voix unique faisant songer au souffle puissant du vent en Bretagne, à une mer tempétueuse, un climat doux et rude à la fois, l’eau ruisselante forgeant ces côtes déchiquetées. Denez c’est un peu de tout cela, les racines mais aussi l’ouverture sur le monde dans sa diversité. On voyage au gré des titres, entièrement composés et fruit d’un travail de patience en studio associé à la spontanéité d’un enregistrement dans des conditions live. Denez signe une nouvelle fois un disque magistral, à la fois envoûtant et palpitant, ancré et universel, ancestral et résolument moderne. Atypique, touchant, sincère, cet album a pu voir le jour grâce à la contribution de Coop Breizh qui a permis de produire ce dernier. Un grand merci à eux et à Denez, en attendant de découvrir ces titres en live lors de sa tournée qui j’en suis certain attirera connaisseurs et néophytes en soif d’authenticité. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.coop-breizh.fr/ecouter-2/musiques-2/les-grands-noms-512/cd-denez-prigent-ul-liorzh-vuzhudus-6315/zoom-fr.htm?recherche=

http://www.denez.fr/

http://musique.fnac.com/a8118019/Denez-Prigent-Ul-liorzh-vurzudhus-An-enchanting-garden-CD-album

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Histoire : « Azincourt » Philippe Contamine

urlL’Histoire : En 1414, le nouveau roi d’Angleterre, Henri V, reprend à son compte les ambitions d’Édouard III : soit par la négociation, soit par la guerre, il entend obtenir, à défaut du titre royal, une partie du royaume de France. Un an plus tard, il y lance sa première expédition et sa chevauchée se termine par la victoire d’Azincourt, le 25 octobre 1415, en Picardie : inébranlables sur leurs positions défensives, les Anglais accablent de leur tir la chevalerie démontée. La journée est un massacre de la fleur de la chevalerie française ; elle demeure pourtant sans aucun résultat stratégique ni politique pour Henri V. Victoire de l’archer sur le chevalier, victoire du soldat libre et léger sur la montagne d’hommes et de chevaux confondus : Azincourt, pourquoi ? Dès la fin du Moyen Âge, la France était en retard d’une guerre, triste France du roi fou et des routiers pillards que racontent chroniques et complaintes, mandements et lettres de rémission, à l’époque où la vie avait « l’odeur du sang et des roses ».

Philippe Contamine signe avec « Azincourt » une étude historique non pas tant sur la bataille en elle-même (qui ne concerne au final que le tout dernier chapitre) mais bien plutôt sur la guerre telle qu’elle pouvait être menée pendant la guerre de cent Ans. Contamine est un historien médiéviste spécialiste de la guerre au Moyen Âge, son récit est absolument passionnant car il fait la part belle aux extraits de textes originaux de l’époque. Azincourt, voit l’armée féodale du roi de France Charles VI être écrasée par les Anglais mieux commandés d’Henri V. Cette bataille décima la noblesse française au moment où la querelle entre Armagnacs et Bourguignons empoisonnait le royaume de France. C’est un excellent point de départ pour appréhender la question guerrière à cette période. Je le conseille aux amateurs d’histoire médiévale qui trouveront ici leur compte. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Littérature : « Trudi, la naine » Ursula Hegi – « Respire » Anne-Sophie Brasme – « Pietra Viva » Léonor De Récondo

12053_1246236.pjpegL’Histoire :« Enfant, Trudi Montag croyait que chaque être humain savait ce qui se passait dans la tête des autres.  » Trudi Montag vit à Burgdorf près de Düsseldorf. Trudi est naine. Souvent seule, sujette à mille et une brimades, elle passe son temps à observer ceux qui ne la voient pas. Trudi raconte les autres, jour après jour, dans leurs secrets les plus sombres et les plus inavouables. Au fur et à mesure que s’accroît le pouvoir d’Hitler, elle nous dit ce que chacun choisit de se rappeler ou d’oublier. La résistance à la barbarie pour les uns, le mensonge et la compromission pour les autres. »

« Trudi, la naine » tel est le drôle de titre choisi pour l’édition française d’un ouvrage de Ursula Hegi, auteure née en Allemagne qui a ensuite émigrée aux États-Unis où elle vit aujourd’hui. Ce récit profondément original, nous offre le regard de Trudi, naine intelligente et curieuse, comme point d’observation d’une bourgade allemande qui de la défaite en 1918 jusqu’au second conflit mondial puis à la reconstruction dans les années 1950, va se retrouver confronter à l’histoire mouvementée de son pays. Jamais manichéen, mais bien au contraire terriblement vivant car dressant des portraits très riches psychologiquement d’une galerie de personnage qui sur près de trente cinq ans vont se côtoyer, s’aimer, se déchirer. Trudi est humaine, pleine de doutes, de ressentiments, d’amour aussi. Un livre sur la différence, une réflexion sur les rapports humains dans une petite ville qui peu à peu cède à la fièvre du nazisme avant de plonger dans un bain d’amnésie salvatrice.. Touchant, drôle, sombre, l’ouvrage distille cette palette d’émotions à qui se laissera emporté par son flot tumultueux. J’ai adoré. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

147896352L’Histoire : Charlène est une enfant comme les autres, qui vit sans trop se poser de questions, prend ce qu’on lui donne et ne demande rien. Elle habite un immense appartement à Paris avec ses parents, pas très aimants ni très amoureux. Charlène souffre : elle est asthmatique, se sent incomprise, mal aimée. Avec l’entrée au collège commencent de longs mois difficiles, de solitude et d’attente. Jusqu’à l’arrivée de Sarah, brillante, magnétique. Une amitié naît, qui pour Charlène est un don inespéré de la vie, un émerveillement. Avant les petites déceptions, les souffrances, la passion puis le désespoir.

Anne-Sophie Brasme signe avec « Respire » un premier roman envoûtant sur la dépendance psychique vis à vis de l’autre. Le sentiment d’amitié « amoureuse » est ici parfaitement décrit, tout comme la lente descente aux enfers de l’héroïne confrontée à une autre adolescente qui elle est manipulatrice. On est saisit par la justesse des mots dépeignant l’adolescence, la découverte d’aspiration nouvelle, la sensation d’absolue et de transgression de l’interdit. L’auteure est une jeune fille de 17 ans, cela se ressent dans le style d’écriture employé ici, mais loin d’être une gêne, cet aspect nous donne au contraire la sensation d’une vérité qui affleure au plus près des mots choisis. L’ensemble se lit comme une tragédie grecque se dessinant peu à peu sous nos yeux. Même si l’issue du livre ne fait aucun doute puisque dès les premières pages l’on connaît la fin tragique de l’histoire, il est impossible de lâcher le livre. J’ai été profondément touché par ce livre et sa sincérité lisible jusque dans les petites maladresses du style qui font le charme de cette plongée angoissante dans les affres de l’adolescence. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

url1456L’Histoire : Michel-Ange, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociants, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son oeuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michel-Ange. Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

Léonor De Récondo est l’auteure de « Pietra Viva », roman sur un Michel-Ange au génie absolu et rendu ici encore plus touchant puisque terriblement humain. Réflexion sur le processus de création, sur le travail mentale qui précède le sublime, c’est ici un homme fait de chair et de sang qu’il nous est donné de voir. Qu’elle est donc le mystère se nichant dans le don d’exprimer des émotions à travers ce matériau qu’est la pierre, le marbre? La montagne est un personnage à part entière du livre. Elle est tantôt pourvoyeuse de richesses indispensables à la création, mais également menaçante car pouvant apporter la mort à tout moment. Le style est sublime et il transcende véritablement une intrigue qui en tant que tel n’est pas particulièrement enthousiasmante. Ce roman touche du doigt la vérité des émotions ressenties par un artiste terriblement humain fût-il exceptionnel. Je vous le recommande comme le petit écrin de poésie qu’il est. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Histoire : « Héros et merveilles du Moyen Age » et « Saint François d’Assise » Jacques Le Goff – « L’homme et le miracle » Pierre-André Sigal

url47896L‘Histoire : Arthur, Mélusine, le Prêtre Jean, Tristan et Iseut, le Graal, Merlin, la Fontaine de Jouvence, la Table ronde, les fées, les nains. Ces personnages, mythes et utopies apparus entre les XIIe et XVe siècles continuent de bercer notre imaginaire. Plongée, avec Jacques Le Goff au cœur de ce merveilleux Moyen Age.

On ne présente plus le grand historien médiéviste Jacques Le Goff récemment disparu. « Héros et merveilles du Moyen Age » est un travail passionnant sur l’origine de ces derniers et leur évolution au cours des siècles. L’ensemble peut se lire comme un grand roman au style, comme à chaque fois chez lui, très agréable. On est tantôt ému, rieur, et nous de mesurer à quel point certains récits ont pu influencer notre imaginaire aujourd’hui encore. Une jolie façon de redécouvrir avec délice l’histoire des mentalités au Moyen Age. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

4578213698744554dessin-moyen-ageL’Histoire : J’ai toujours été fasciné par le personnage de saint François d’Assise, l’un des plus url145896impressionnants en son temps et jusqu’aujourd’hui de l’histoire médiévale. D’abord par le personnage historique qui, au cœur du tournant décisif du XIIe au XIIIe siècle, où naît un Moyen Âge moderne et dynamique, fait bouger la religion, la civilisation et la société. […] Mais l’homme aussi m’a fasciné, alliant simplicité et prestige, humilité et ascendant, ouverture et refus, physique ordinaire et rayonnement exceptionnel, se présentant dans une authenticité accueillante qui permet d’imaginer une approche à la fois familière et distanciée. François a été très tôt celui qui, plus que tout autre, m’a inspiré le désir d’en faire un objet d’histoire totale, exemplaire pour le passé et le présent. Ce qui m’a retenu d’écrire cette vie, c’est que j’étais absorbé par une réflexion et des travaux d’historien d’un caractère plus général et qu’en outre il existait d’excellentes biographies de François. Ne me satisfaisant pas, aujourd’hui, d’avoir investi l’essentiel de mon entreprise biographique dans un Saint Louis très différent par son héros et par la dimension monumentale de ma tentative, je me suis résolu à publier l’ensemble des textes que j’ai consacrés à saint François.

Jacques Le Goff s’intéresse ici à une figure historique et mystique, celle de « Saint François d’Assise » dans un livre regroupant les articles qu’il a pu écrire sur ce sujet passionnant. Comme à chaque fois, l’écriture est un régal et nous de nous plonger dans cette histoire à hauteur d’homme. La pauvreté dans la joie telle pourrait être la maxime de Saint François d’Assise, apôtre de la non-violence et amoureux transi de la nature vécue comme un cadeau de Dieu. L’ouvrage sort des idées reçues sur le franciscanisme afin de plonger au plus près du désir d’amour et de paix de cet homme qui par bien des côtés est hors norme dans l’histoire pourtant chargée des saints du moyen âge. Si Saint François d’Assise nous touche toujours autant aujourd’hui c’est aussi parce que son discours est profondément intemporel. Je pense par exemple à son message écologique. Sans vouloir tomber dans le péché absolu guettant tout historien et étudiant en histoire, à savoir l’anachronisme, on peut affirmer qu’il y a chez lui, dans son discours et ses actes, une forme de modernité qui me paraît intéressante à comprendre. A dévorer sans modération. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

url7487355746_oGiotto-saint-francois-mort-et-AscencionurlL’Histoire : S’il est de tous les temps, le fait miraculeux est diversement vécu et interprété. Qu’est-ce qu’un miracle dans les mentalités médiévales ? Où et quand survient-il le plus souvent ? Dans quelles circonstances est-il espéré, sollicité ? Par qui ? De quels saints cherche-ton à en obtenir ? Qui en sont les bénéficiaires ? Comment manifestent-ils leur reconnaissance ? L’auteur a dépouillé plus de cinq mille récits (« Vies » de saints, recueils de miracles, etc). Il montre la permanence des modèles évangéliques de miracles. Invoqués dans tous les moments difficiles de l’existence (accouchements, maladies, captivité, calamités … ), les saints médiévaux sont avant tout des guérisseurs imitant fidèlement le Christ et les Apôtres. Qu’ils agissent de leur vivant ou par leurs reliques, à proximité ou à distance, des relations de confiance et d’échange se tissent entre eux et les fidèles : d’où les vœux, les offrandes, les ex-voto. De sa capacité à faire des miracles dépend la réputation de chaque saint. L’analyse fait apparaître les ressorts des « rumeurs de miracles » où pèlerins et desservants des sanctuaires remplissent le rôle de publicistes. Extraordinaire mais familier, surnaturel mais attendu, le miracle révèle tout un pan de la vie profonde du Moyen Âge et de l’histoire de la piété chrétienne. Il constitue un important chapitre de l’histoire du corps humain.

Pierre-André Sigal s’interroge sur la signification du miracle dans la France médiévale des XIème et XIIème siècles. Qu’est ce qu’un miracle ? C’est avec plaisir que je me suis plongé dans cette histoire des mentalités, de la sacralité, de la place de la foi chrétienne dans les esprits au Moyen-Âge. Les derniers chapitres du livre sont plus fastidieux et disons le assez anecdotiques. Le style n’est pas flamboyant, ni transcendant, on est loin d’un Jacques Le Goff pour ne citer que lui. Ce livre vaut pour l’originalité de son sujet. En dehors de cela point de salut.. Une déception. Ma note:♥♥♥   /5.

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Blu-Ray : « Respire » M. Laurent – « Astérix, Le Domaine des Dieux » A. Astier – « La prochaine fois je viserais le coeur » C. Anger

586445L’Histoire : Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Adaptation du livre d’Anne Sophie Brasme, le second film de Mélanie Laurent « Respire » est une jolie réussite. Servi par des comédiennes (Joséphine Japy et Lou de Laâge) au diapason d’une œuvre qui sublime ces références cinématographiques sans jamais tomber dans le grief de la simple copie. Emporté également par les choix esthétiques de la réalisatrice qui a su s’inspirer du roman sans le vampiriser, en y retenant que la substantifique moelle, à savoir cette relation de dépendance psychique, toxique, irrésistible comme le sont les sentiments adolescents. L’angoisse monte crescendo jusqu’à ne plus nous lâcher avec un dernier quart d’heure que je vous laisse le soin de découvrir. Dérangeant car nous montrant avec perspicacité les mécanismes du harcèlement d’une adolescente prise dans les affres d’une relation ambiguë d’amitié amoureuse qui confine à la tragédie grecque. Troublant et sincère. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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546054L’Histoire : Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura  séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains. : « Le Domaine des Dieux  ». Nos amis gaulois résisteront ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César.

« Astérix, Le Domaine des Dieux » est l’adaptation en dessin animé des aventures du petit gaulois qu’on ne cite plus. Alexandre Astier signe le scénario tout en malice et en jeux de mots savoureux, respectant l’œuvre originelle de René Goscinny et Albert Uderzo, tout en y adjoignant sa patte reconnaissable entre toute. L’animation est une réussite, les doublages également ainsi que ce petit grain de folie qui manquait trop aux œuvres précédentes. On ri de bon cœur devant les situations présentées. Un hommage sans fleur ni couronne mais avec l’astucieux travail d’un scénariste et réalisateur plus qu’inspiré. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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459922L’Histoire : Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

« La prochaine fois je viserais le coeur » est un film policier signé Cédric Anger avec un Guillaume Canet absolument glaçant dans le rôle de ce tueur en série pas tout à fait comme les autres. Le postulat de départ est qu’il n’y a pas de surprise. Canet est un gendarme, c’est le tueur pas de doute là dessus, pas de doute non plus quand au fait qu’il se fera inexorablement prendre. Malgré cela, on est pris à la gorge par le climat d’effroi qui nous saisis à la vue de ce tueur méthodique et psychopathe. La colère qui sommeille en lui et qui s’échappe par intermittence, lorsqu’il ne se contrôle plus, est très bien rendue. Cédric Anger installe une atmosphère oppressante, multipliant les clins d’œil au meilleur du cinéma polar français. Son histoire est à la fois son originalité et sa faiblesse. Adopter le point de vue du criminel c’est dès le départ, se priver des rebondissements inhérents à une enquête. Ceci étant dit, le scénario tient la route, les acteurs sont épatants, le décor (cette France giscardienne post crise pétrolière) est bien rendu et l’ensemble de distiller un sentiment de malaise tenace. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Histoire : « La Grande Guerre » André Loez – Alan Seeger (1888-1916) « Poésies »

1518205-gfL’Histoire : Un siècle après l’événement, la Grande Guerre reste d’une étonnante présence dans la mémoire, les productions culturelles et l’espace public. Elle suscite un foisonnement de recherches qui renouvellent les connaissances dans tous les domaines, des approches politiques et diplomatiques à l’histoire économique et sociale et, plus récemment, à celle des sensibilités, des identités ou de la violence. Ce livre en propose une synthèse précise et accessible. Il aborde des débats interprétatifs encore vifs : quelles sont les causes du conflit ? Quel sens donner aux entrées en guerre de 1914, et peut-on y lire une adhésion à la guerre ? Comment expliquer l’intensité de la violence ? S’agit-il déjà d’une guerre totale ? Pourquoi les combattants ont-ils obéi ou désobéi ? Quels ont été les effets sociaux du conflit ? Pourquoi son règlement est-il resté si fragile ? Pour répondre à ces questions, l’ouvrage propose un récit complet et détaillé, attentif aux spécificités nationales, nourri de références bibliographiques, permettant une première approche comme une étude plus approfondie de la période. Il s’attache à restituer les logiques sociales qui ont permis aux États, aux sociétés et aux individus d’endurer l’immense épreuve de 1914-1918.
André Loez est professeur agrégé d’histoire. Il est également doctorant et ses recherches portent sur la guerre 1914-1918. L’ouvrage présenté ici, se veut une synthèse de ce qu’a été ce conflit majeur dans l’histoire du XXème siècle. Il aborde différentes thématiques et fait notamment le point sur les débats (comme par exemple ceux concernant « les causes de la Grande Guerre »), sur l’historiographie en général, la bibliographie.. C’est concis, bien écrit et suffisamment intéressant pour nous ouvrir les portes d’une recherche plus approfondie sur le sujet. Un livre idéal pour se remettre en tête les grandes dates, les grands faits de cette guerre qui devait être la « Der des der ». Ma note:♥♥♥♥ /5.

201408012021-fullliste_Bibliographie-la-grande-guerre_4902FILES-WWI- ANNIVERSARY-FRANCEver4_alerte_001furl741852963Alan Seeger (1888-1916) est un poète américain mort au combat lors de la bataille de la Somme le 4 juillet 1916, jour de la fête nationale américaine. Il avait 28 ans. Il est l’auteur d’un poème célèbre et prémonitoire intitulé Rendez-vous avec la mort (I have a rendez-vous with Death). Ironie de l’histoire, ce fût l’un des poèmes favoris du président américain John F. Kennedy.

« J’ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque barricade âprement disputée,
Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
Et quand l’air est rempli des fleurs du pommier.
J’ai un rendez-vous avec la Mort
Quand le printemps ramène les beaux jours bleus.
Dieu sait qu’il vaudrait mieux être au profond
Des oreillers de soie et de duvet parfumé
Où l’amour palpite dans le plus délicieux sommeil,
Pouls contre pouls et souffle contre souffle,
Où les réveils apaisés sont doux.
Mais j’ai un rendez-vous avec la Mort
À minuit, dans quelque ville en flammes,
Quand le printemps revient vers le nord cette année
Et je suis fidèle à ma parole,
Je ne manquerai pas ce rendez-vous. »

J’apprécie également ce petit texte que l’on trouve sur la plaque en son honneur à l’ossuaire de Lihons.

Ô, si je devais tomber demain, enterrez-moi ici,
Afin qu’au dessus de ma tombe à chaque jour qui revit,
Les fleurs des champs puissent fleurir, et les tourterelles s’aimer,
Et les amoureux, dans cet endroit inconnu,
S’embrasser tendrement en regardant la lune qui luit.

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