Blu-Ray : « Respire » M. Laurent – « Astérix, Le Domaine des Dieux » A. Astier – « La prochaine fois je viserais le coeur » C. Anger

586445L’Histoire : Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Adaptation du livre d’Anne Sophie Brasme, le second film de Mélanie Laurent « Respire » est une jolie réussite. Servi par des comédiennes (Joséphine Japy et Lou de Laâge) au diapason d’une œuvre qui sublime ces références cinématographiques sans jamais tomber dans le grief de la simple copie. Emporté également par les choix esthétiques de la réalisatrice qui a su s’inspirer du roman sans le vampiriser, en y retenant que la substantifique moelle, à savoir cette relation de dépendance psychique, toxique, irrésistible comme le sont les sentiments adolescents. L’angoisse monte crescendo jusqu’à ne plus nous lâcher avec un dernier quart d’heure que je vous laisse le soin de découvrir. Dérangeant car nous montrant avec perspicacité les mécanismes du harcèlement d’une adolescente prise dans les affres d’une relation ambiguë d’amitié amoureuse qui confine à la tragédie grecque. Troublant et sincère. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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546054L’Histoire : Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura  séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains. : « Le Domaine des Dieux  ». Nos amis gaulois résisteront ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César.

« Astérix, Le Domaine des Dieux » est l’adaptation en dessin animé des aventures du petit gaulois qu’on ne cite plus. Alexandre Astier signe le scénario tout en malice et en jeux de mots savoureux, respectant l’œuvre originelle de René Goscinny et Albert Uderzo, tout en y adjoignant sa patte reconnaissable entre toute. L’animation est une réussite, les doublages également ainsi que ce petit grain de folie qui manquait trop aux œuvres précédentes. On ri de bon cœur devant les situations présentées. Un hommage sans fleur ni couronne mais avec l’astucieux travail d’un scénariste et réalisateur plus qu’inspiré. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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459922L’Histoire : Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

« La prochaine fois je viserais le coeur » est un film policier signé Cédric Anger avec un Guillaume Canet absolument glaçant dans le rôle de ce tueur en série pas tout à fait comme les autres. Le postulat de départ est qu’il n’y a pas de surprise. Canet est un gendarme, c’est le tueur pas de doute là dessus, pas de doute non plus quand au fait qu’il se fera inexorablement prendre. Malgré cela, on est pris à la gorge par le climat d’effroi qui nous saisis à la vue de ce tueur méthodique et psychopathe. La colère qui sommeille en lui et qui s’échappe par intermittence, lorsqu’il ne se contrôle plus, est très bien rendue. Cédric Anger installe une atmosphère oppressante, multipliant les clins d’œil au meilleur du cinéma polar français. Son histoire est à la fois son originalité et sa faiblesse. Adopter le point de vue du criminel c’est dès le départ, se priver des rebondissements inhérents à une enquête. Ceci étant dit, le scénario tient la route, les acteurs sont épatants, le décor (cette France giscardienne post crise pétrolière) est bien rendu et l’ensemble de distiller un sentiment de malaise tenace. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Histoire : « La Grande Guerre » André Loez – Alan Seeger (1888-1916) « Poésies »

1518205-gfL’Histoire : Un siècle après l’événement, la Grande Guerre reste d’une étonnante présence dans la mémoire, les productions culturelles et l’espace public. Elle suscite un foisonnement de recherches qui renouvellent les connaissances dans tous les domaines, des approches politiques et diplomatiques à l’histoire économique et sociale et, plus récemment, à celle des sensibilités, des identités ou de la violence. Ce livre en propose une synthèse précise et accessible. Il aborde des débats interprétatifs encore vifs : quelles sont les causes du conflit ? Quel sens donner aux entrées en guerre de 1914, et peut-on y lire une adhésion à la guerre ? Comment expliquer l’intensité de la violence ? S’agit-il déjà d’une guerre totale ? Pourquoi les combattants ont-ils obéi ou désobéi ? Quels ont été les effets sociaux du conflit ? Pourquoi son règlement est-il resté si fragile ? Pour répondre à ces questions, l’ouvrage propose un récit complet et détaillé, attentif aux spécificités nationales, nourri de références bibliographiques, permettant une première approche comme une étude plus approfondie de la période. Il s’attache à restituer les logiques sociales qui ont permis aux États, aux sociétés et aux individus d’endurer l’immense épreuve de 1914-1918.
André Loez est professeur agrégé d’histoire. Il est également doctorant et ses recherches portent sur la guerre 1914-1918. L’ouvrage présenté ici, se veut une synthèse de ce qu’a été ce conflit majeur dans l’histoire du XXème siècle. Il aborde différentes thématiques et fait notamment le point sur les débats (comme par exemple ceux concernant « les causes de la Grande Guerre »), sur l’historiographie en général, la bibliographie.. C’est concis, bien écrit et suffisamment intéressant pour nous ouvrir les portes d’une recherche plus approfondie sur le sujet. Un livre idéal pour se remettre en tête les grandes dates, les grands faits de cette guerre qui devait être la « Der des der ». Ma note:♥♥♥♥ /5.

201408012021-fullliste_Bibliographie-la-grande-guerre_4902FILES-WWI- ANNIVERSARY-FRANCEver4_alerte_001furl741852963Alan Seeger (1888-1916) est un poète américain mort au combat lors de la bataille de la Somme le 4 juillet 1916, jour de la fête nationale américaine. Il avait 28 ans. Il est l’auteur d’un poème célèbre et prémonitoire intitulé Rendez-vous avec la mort (I have a rendez-vous with Death). Ironie de l’histoire, ce fût l’un des poèmes favoris du président américain John F. Kennedy.

« J’ai un rendez-vous avec la Mort
Sur quelque barricade âprement disputée,
Quand le printemps revient avec son ombre frémissante
Et quand l’air est rempli des fleurs du pommier.
J’ai un rendez-vous avec la Mort
Quand le printemps ramène les beaux jours bleus.
Dieu sait qu’il vaudrait mieux être au profond
Des oreillers de soie et de duvet parfumé
Où l’amour palpite dans le plus délicieux sommeil,
Pouls contre pouls et souffle contre souffle,
Où les réveils apaisés sont doux.
Mais j’ai un rendez-vous avec la Mort
À minuit, dans quelque ville en flammes,
Quand le printemps revient vers le nord cette année
Et je suis fidèle à ma parole,
Je ne manquerai pas ce rendez-vous. »

J’apprécie également ce petit texte que l’on trouve sur la plaque en son honneur à l’ossuaire de Lihons.

Ô, si je devais tomber demain, enterrez-moi ici,
Afin qu’au dessus de ma tombe à chaque jour qui revit,
Les fleurs des champs puissent fleurir, et les tourterelles s’aimer,
Et les amoureux, dans cet endroit inconnu,
S’embrasser tendrement en regardant la lune qui luit.

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Live Report : Noel Gallagher au Zénith de Paris 12 Mars 2015 !

CIMG0148CIMG0153Noel Gallagher est un homme heureux. « Chasing Yesterday » son second LP solo avec ses High Flying Birds est entré directement à la première place des charts anglais avec près de 89 000 exemplaires écoulés une semaine seulement après sa sortie. Libéré des tensions avec son terrible frère, l’ingérable Liam Gallagher, celui qui a toujours été la tête pensante du groupe Oasis et disons le tout de go, l’orfèvre ciseleurs de mélodies racées qui sont sa marque de fabrique, est à présent seul a mener sa barque. Une liberté qui lui permet d’évoluer artistiquement sans pour autant renier son écriture et sa lecture de facture classique du rock et de la pop anglaise. Très bien accueilli par la presse musicale en général, il restait pour ma part à découvrir sur scène Noel Gallagher et ses High Flying Birds. Alors Verdict ? Après six concerts sold out au Royaume Uni dans toutes les plus grandes salles de la perfide Albion, Noel Gallagher débarquait hier soir sur la scène d’un Zénith de Paris plein comme un oeuf et conquis d’avance. 21h tapante, The Chief démarrait son set avec la rageuse et pertinente « Do The Damage », face B présente dans les bonus de l’édition deluxe de l’album « Chasing Yesterday ». Le son est saturé, la batterie tape dure et Noel d’enchaîner sans temps mort avec « Stranded On The Wrong Beach » et la sublime « Everybody’s on the Run », deux titres de son premier LP solo qui sonne déjà comme des classiques. « Fade Away », petite pépite d’Oasis sorti uniquement en Face B fait son effet avant l’enchaînement de trois titres extraits de « Chasing Yesterday » : le single « In the Heat of the Moment », la délurée «Lock All the Doors » et surtout « Riverman », son solo de guitare Pink Floydien accompagné d’une subtile touche de saxophone. Du grand art. « The Death of You and Me » et « You Know We Can’t Go Back » s’ensuivent, mais le grand moment de ce live arrive avec la sublime réinterprétation acoustique de mon titre préféré d’Oasis « Champagne Supernova » qui a procuré des frissons à toute la salle du Zénith, avec un public chauffé à blanc reprenant en cœur les paroles du refrain de cet hymne Oasisien qui n’est pourtant, curieusement, jamais sorti en single. L’histoire d’Oasis est ainsi faite. L’émotion est là mais la nostalgie s’efface bientôt avec le second single de « Chasing Yesterday », l’irrésistible et dansante « Ballad of the Mighty I ». Ce qui impressionne ce soir (et c’est le cas depuis le début de la tournée mondiale) c’est la maîtrise et l’assurance nouvelle que l’on sent dans l’utilisation de sa voix, qui n’était pourtant pas son point fort, mais qui prend ici une ampleur réelle. Noel Gallagher est sûr de son fait et il sait pertinemment que ces deux efforts solos sont bien meilleurs que tout ce que Oasis a pu sortir dans les années 2000 ! « Dream On », la lumineuse « The Dying of the Light », la plus dispensable « The Mexican » dédié, avec son accent mancunien a couper au couteau, à un fucking amateur de sombrero dans la salle, « AKA… Broken Arrow », la très wonderwall « If I Had A Gun » et son refrain ravageur précédée par une autre chanson du premier album d’Oasis, la primesautière « Digsy’s Dinner ». Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, tandis que survient l’heure du rappel et que résonnent les premières notes d’une version acoustique et dépouillée de l’hymne « Don’t Look Back In Anger » reprise en cœur par un Zénith s’époumonant comme aux plus beaux jours de la Brit pop il y a 20 déjà ! « AKA… What a Life! » et enfin pour clôturer le concert, une autre pépite et face B d’Oasis « The Masterplan » qui fait chavirer les 7000 personnes présentes en ce soir de mars 2015. Au final, loin d’être un cauchemar, la dissolution d’Oasis aura permis de mettre en lumière ou plutôt de confirmer ce que tout le monde savait déjà, à savoir tout le bien que l’on peut penser de Noel Gallagher et de son aventure solo. En live la machine est parfaitement huilée et la set-list suffisamment intelligente pour nous procurer, sans temps mort, des moments forts. La quintessence de la pop anglaise portée à son sommet !

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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20150312_221013Set-List

Do the Damage
Stranded On The Wrong Beach
Everybody’s on the Run
Fade Away (Oasis cover)
In the Heat of the Moment
Lock All the Doors                                                                                                                                Riverman
The Death of You and Me
You Know We Can’t Go Back
Champagne Supernova (Oasis cover)
Ballad of the Mighty I
Dream On
The Dying of the Light
The Mexican
AKA… Broken Arrow
Digsy’s Dinner (Oasis cover)
If I Had a Gun…

Rappel:
Don’t Look Back in Anger (Oasis cover)
AKA… What a Life!
The Masterplan (Oasis cover)

20150312_142027ps : Clin d’œil pour Élodie, jolie surprise que celle de te rencontrer enfin, pour mes parents, pour ma tata, pour ma marraine, pour toi Sophie et pour mon frère Yoann ainsi que mes deux petites nièces Chloé et Léane, et pour finir pour mes deux ami(e)s si précieux Anne Claire et Jean Christophe. A tous un grand merci pour ce très beau moment ! Je vous aime:) Frédéric.

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Musique : « Chasing Yesterday » Noel Gallagher

816FmBWcCiL._SL1400_Août 2009, Paris, festival de Rock en Seine, Oasis se séparait avec pertes et fracas dans un énième pugilat dont les frères Gallagher avaient le secret. Les Abel et Caïn du rock anglais allaient dorénavant suivre des chemins différents : Liam Gallagher et les autres membres d’Oasis sous la bannière des « Beady Eye » et Noel Gallagher sous celle des « High Flying Birds ». Six ans plus tard, à l’heure de compter les points, l’issue du match ne fait plus guère de doute. Beady Eye n’existe plus, la faute à deux albums médiocres, la recette n’a pas fonctionné et ce que tout le monde prédisait c’est réalisé. The Chief était bien celui qui tenait la baraque dans feu Oasis. En Octobre 2011, Noel Gallagher sortait «  Noel Gallagher’s High Flying Birds ». Un premier Lp salué par la critique et couronné d’un succès public indéniable avec près de 2,5 millions de copies écoulées dans le monde. « Everybody’s on the run », « If I Had a Gun » et « Aka What a life » démontraient par leur qualité le savoir faire de l’aîné de la fratrie terrible. La tournée mondiale qui s’en suivra, de plus de 140 dates, confirmera que le projet solo du Gallagher tenait vraiment route. La tournée mondiale qui s’en suivra, de plus de 140 dates, sera elle aussi un succès. Depuis, le calme plat précédant la tempête à venir. Noel-Gallagher_3197134cQuelques démos font surface ici et là sur les réseaux sociaux et Noel de confirmer qu’il enregistre et mixe entre Londres et New York un nouveau disque. Mars 2015, l’aîné des frères Gallagher est enfin de retour pour un second round avec son « Chasing Yesterday » au titre délicieusement nostalgique. Nulle présence de Dave Sardy cette fois-ci, les dix nouveaux titres sont produits par Noel lui-même, dont la grande gueule légendaire s’est rappelée à nous ces dernières semaines avec des attaques médiatiques à tout va dont il a le secret et des interviews tordantes sans langue de bois. Tout le petit monde de la musique ne bruisse que de cela et comme à chaque fois, on allait voir ce qu’on allait voir. Oasis n’est plus mais rien ne change au fond dans la façon que Noël a de promouvoir un album qui sera on s’en doute « the fucking masterpiece ! ». Alors, qu’en est-il réellement de ce « Chasing Yesterday » tant désiré ? Une première réponse s’ébauche autour de la cohérence d’un ensemble très bien produit. Les instrumentations utilisées sont plus variées et il se dégage de ce Lp le sentiment d’une grande sérénité. Sûr de sa force, The chief nous assène d’entrée un « Riverman » qui ouvre le disque de la plus belle des manières avec son solo de guitare et son saxophone fou. « In the Heat of The moment », premier single de « Chasing Yesterday » est plus anecdotique même s’il joue les classiques de service avec son refrain entêtant. « The girl with X ray eyes », « The Dying of the light » et surtout « the right stuff » sont justes sublimes et sonnent comme autant de sommets de pop anglaise délicieusement produits. Des ballades mais aussi des titres jouissifs à souhait, plus électriques et rythmés comme « Lock All The Doors », qui aurait eu tout à fait sa place sur un disque d’Oasis période Be Here Now, ou bien encore « You Know We Can’t Go Back » aux accents très pop US. Pour « Chasing Yesterday », les riffs sont bien là et d’une précision chirurgicale. Pas de réel temps mort mis à part « The Mexican », titre le plus faible à mon sens. Un disque abouti et plus ambitieux aussi au niveau de la production avec des sonorités très Pink Floyd et un rendu final assez cinématographique. « The Ballad of the mighty and I », second single choisi, clôt le Lp de la plus belle des manières avec à la guitare l’autre gloire de Manchester, Johnny Marr. Noel Gallagher prouve une nouvelle fois, s’il en était besoin, qu’il a sa place dans le panthéon du rock anglais. Ce second effort solo enfonce le clou et nous fait dire que décidément la carrière solo lui sied bien. A découvrir en live, le 12 mars à 20h au Zénith de Paris.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

http://www.deezer.com/album/9764982

Noel Gallagher's High Flying Birds in concert, The Dome, London, Britain - 02 Feb 2015noel-gallagher-oasis-rock-nouvel-album_0

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Cinéma : « American Sniper » de Clint Eastwood

570218L’Histoire : Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Sacré défi que celui relevé par Clint Eastwood dans son nouveau film « American Sniper ». Comment aborder la figure du héros Chris Kyle sans tomber dans l’hagiographie ? Je préfère vous le dire tout de suite, le procès intenté à Eastwood est profondément malhonnête. Oui, il y est question de patrie, de patriotisme, d’une forme d’héroïsme mais ce dernier est toujours vain et c’est là que réside à mon sens le point fondamental de la réflexion tenu par Clint. Bradley Cooper est exceptionnel dans son rôle. Il est ce héros au masque se fissurant au fur et à mesure que tombe ses dernières illusions sur ce combat. Pourquoi se bat-il au juste ? Pour protéger les siens, son pays contre ce qu’il perçoit comme étant le mal. Il ne sera pas un « mouton » mais bel et bien le « gardien du troupeau » face aux « loups ». Ce passage du film est intéressant car il consigne le matériel intellectuel et le conditionnement dans lequel on maintient Chris depuis qu’il est tout jeune. Bradley Cooper est un héros mais tout a une fin. Ses amis tombent les uns après les autres, sa femme (Sienna Miller magistral dans son rôle d’épouse et de mère) tente coûte que coûte de maintenir un semblant de vie normal mais le mal est fait. Kyle revient d’Irak miné par des troubles d’ordre psychiques liés au stress des combats qui est un point très bien rendu dans le film. Les scènes de combat sont affreuses, où peut-on voir ici une glorification du fait guerrier ? Kyle est un héros pour ses frères soldats. Lui ne fait au fond que ce qu’il sait faire : tuer. Mais l’aspect fondamental c’est que tout est vain, la chasse des terroristes d’Al Quaîda, le sacrifice des femmes et des enfants envoyés à la mort par des fanatiques aussi.. Bouleversant, révoltant dans ce qu’il nous montre de la réalité d’une guerre « propre » qui n’est qu’un concept pour technocrates bornés, qualificatif voulant masquer la réalité, cette réalité. Oui la guerre est sale, fût elle au nom d’idéaux aussi beau que ceux de liberté etc. Un grand film est celui qui ne vous laisse pas de conscience au repos. Un grand film vous questionne. Qu’aurais je fais moi ? Injustement boudé aux Oscars, Eastwood a obtenu la plus belle des victoires avec un succès public majeur aux États-Unis et un peu partout dans le monde. Un hommage poignant mais aussi tout en pudeur sur une des pages les plus sombre du XXIème siècle. Avec « American Sniper », Eastwood signe son film le plus abouti. Une œuvre maîtresse à n’en pas douter. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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Cinéma : « Les Nouveaux Héros »

525697L’Histoire : Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Baymax.. ce nom fait d’ors et déjà parti des héros préférés de vos bambins j’en suis certain. La dernière création de la firme Walt Disney est l’atout majeur des « Nouveaux Héros ». Disney a su une nouvelle fois trouver les ingrédients pour nous offrir un divertissement de qualité qui aurait pu nous emmener encore plus loin. « Les nouveaux héros », malgré la présence attachante du robot bibendum n’est pas le chef d’œuvre annoncé. En dessous de « Wall E » mais néanmoins suffisamment agréable pour être au dessus de la moyenne des derniers nés de Disney. L’ensemble ne manque pas de rythme, tout va très vite, trop vite même ce qui enlève une certaine part de magie, de poésie. Maintenant, ne faisons pas non plus la fine bouche, l’ensemble rempli son office et se permet le luxe d’aborder la thématique de la perte d’un être cher avec justesse. Personnages attachants (ah ! Ce Baymax), rythme enlevé mais aussi malheureusement un manque d’âme qui le pénalise à l’heure des comparaisons avec les chefs d’œuvre de l’animation. Ma note:♥♥♥♥  /5.

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Littérature : « A suspicious river » Laura Kasischke – Un verre de lait s’il vous plaît » Herbjørg Wassmo – « Mauvaise étoile » R.J. Ellory

A-suspicious-river-de-Laura-Kasischke_visuel_galerie2_abL’Histoire : Le Swan Motel, de l’autre côté de la rue, était propre et frais – draps amidonnés, moquette beige, serviettes de toilette blanches et décentes que nous envoyions deux fois par semaine à Ottawa City, pour les faire laver, dans un camion plein de sacs-poubelle en plastique vert olive. Derrière le motel, la Suspicious River roulait ses flots noirs…

« A suspicious river » est le premier roman signé Laura Kasischke. Ce n’est pas avec ce dernier que j’ai découvert l’auteure mais bien avec « Esprit d’hiver ». Une nouvelle fois, j’ai succombé au plaisir vénéneux de lire cette histoire d’une rare noirceur, nous contant le parcours d’une femme qui fait le choix de se prostituer pour le tarif d’une chambre, d’une nuit.. L’écriture est chirurgicale pour nous dépeindre les dessous de cette décision qui scellera à jamais son destin. Une véritable fuite en avant à laquelle Laura Kasischke nous convie, sans jugement aucun, mais avec une pertinence et une finesse dans le portrait psychologique de son héroïne qui m’a saisi. C’est à un chemin de croix que l’on assiste et qui ne peut que bouleverser tout homme ou toute femme pour qui la prostitution ne sera jamais un « métier » comme un autre. L’appropriation du corps de l’autre contre de l’argent ou autre forme de « troc » ignominieux m’a toujours semblé profondément révoltant. Je ne juge pas les prostitué(e)s, mais avec ce livre l’on ne peut plus voir les clients sous le seul prisme du « mais c’est elle qui l’a choisi.. ». Comprenez moi bien, Laura Kasischke ne nous donne pas une leçon de morale mais elle s’adresse à tous ceux qui ont encore des valeurs humanistes, tous ceux pour qui l’argent ne doit pas tout acheter. Un roman âpre qui m’a profondément marqué par son climat, son ambiance et son issu que je vous laisse le soin de découvrir.

Ma note:♥♥♥♥♥/5.

un-verre-de-lait-s-il-vous-plait,M172291L’Histoire : L’histoire se passe de nos jours. Dans un village lituanien, Dorte, seize ans, vit seule avec sa mère et sa sœur. Depuis la mort du père, leur existence s’est faite rude, presque misérable. Pourtant, Dorte reste pleine de fraîcheur et d’espoir. De naïveté aussi. Lorsqu’on lui propose d’aller travailler comme serveuse en Suède, elle part. Elle est alors prise dans un carcan de sévices, de séquestrations et de peur. La prostitution forcée l’entraîne dans une chute qui paraît sans issue, au cœur des grandes villes scandinaves.

Herbjørg Wassmo est l’auteure de ce roman profondément bouleversant qu’est « Un verre de lait s’il vous plaît ». La description et la somme des violences subies par le personnage de Dorte, nous plongent dans l’insoutenable réalité de ces jeunes femmes contraintes à cette forme d’esclavage moderne. Troublant, âpre, sans concession aucune, j’avoue avoir rarement lu un livre aussi sombre que celui-ci, mais ce n’est pourtant que la stricte vérité qui est ici dépeinte, avec tout ce qu’elle contient de dérangeant pour nous lecteurs et témoins de ces abominations. Un récit poignant, violent et engagé d’une femme qui avec ce livre espère faire bouger les consciences. Non, tout ne se vend pas, tout ne s’achète pas dans cette société capitaliste et libérale. A méditer. Ma note:♥♥♥♥  /5.

-Ellory-Etoile-OkL’Histoire : Texas, 1960. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l’assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l’inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises.

R.J. Ellory et son « Mauvaise étoile » renoue avec la veine du roman noir qui a fait son succès, dans la lignée de « Seul le Silence ». Impossible de décrocher avant le terme du livre. On est scotché une nouvelle fois par cette façon d’écrire au plus près de ce que peut-être l’expérience, l’essence même du mal absolu. J’ai été littéralement emporté par cette histoire qui se déroule une nouvelle fois dans une ambiance très sombre. Ce thriller haletant saisi sous la forme d’une fuite en avant dans l’horreur, maintient une angoisse chez le lecteur qui reste palpable tout au long du récit. R.J. Ellory est à mon sens toujours bien au dessus de la mêlée dans la catégorie thriller. Un road movie d’une précision chirurgicale que je vous recommande chaudement. Ma note:♥♥♥♥♥/5.

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