Littérature : Delphine de Vigan – Cristina Comencini

9782253164265_1_75L’Histoire : La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti.

« Rien ne s’oppose à la nuit » est d’une puissance d’évocation qui confine au sublime. Vertigineuse plongée dans les sombres méandres de la folie, de la psychose qui a touchée sa maman, réflexion sur le poids du mensonge, sur la portée des drames familiaux et leurs conséquences au-delà des générations, sonde explorant les confins de la méthode analytique, récit d’insomnie, d’êtres écorchés vifs coupable d’être en vie, anamorphose géniale transfigurant cet éther qu’est la maladie, inlassable rongeur dévorant le psychisme des damnés. Là où beaucoup ce serait limité à un stricte déballage des histoires de famille, Delphine de Vigan, nous dresse le portrait sans concession, à visage humain, des écueils que la vie dresse sur le chemin de chacun. Avec délicatesse, esthétique d’une écriture ciselée, elle soulève un par un les draps recouvrant les êtres comme autant de fantômes que la vie, toujours elle, n’aura pas épargné. Delphine de Vigan nous exprime sa vérité mise à nu et elle en concède la limite tout au long d’un récit âpre que je n’ai pu qu’achever le souffle court, aux petites lueurs d’une matinée de Printemps. Sans jamais céder aux facilités livresques de notre époque (j’évoque par là la dérive nombriliste), l’auteure revisite avec une grâce rarement égalée un genre pourtant maintes fois vu et revu. Un très grand roman à n’en pas douter.

Ma note :♥♥♥♥♥/5.

L’Histoire : Marina a la fragilité d’une jeune fille et un fils de deux ans, Marco. Une9782253162308_1_75 maternité qu’elle n’assume pas : elle se sent maladroite, impatiente, brutale. Pour se reposer, elle loue un appartement dans les Dolomites et part avec l’enfant… Manfred est le propriétaire de cet appartement. Sa mère les a abandonnés, lui, son père et ses frères, puis sa femme l’a quitté. Il est aigri et misogyne. Ils n’ont rien pour se plaire, sinon un noyau de solitude qu’ils partageront, brutalement quand la nuit vient, alors que montent le désir et l’absence de l’autre.

Cristina Comencini signe avec « Quand la nuit » un roman qui sonne comme très actuel de par sa forme. C’est un peu sa force ou sa faiblesse selon que l’on soit sensible ou non à ce style qui souhaite nous faire ressentir au plus près l’intensité d’une rencontre amoureuse improbable. N’est ce pas là le début de bien des passions ? L’histoire en elle-même, sans être exceptionnelle de par son originalité, est pourtant suffisamment bien amenée pour nous tenir attentif jusqu’au dénouement que je vous laisse le soin de découvrir. Là où le bat blesse, c’est vraiment dans la propension qu’ont certains écrivains femmes d’aujourd’hui de vouloir à tout prix écrire des romans crus de par le choix des termes décrivant les émois d’une passion. Je préfère pour ma part la suggestion, l’esquisse, qui nous laissent maître de notre imaginaire. Les scènes d’amour sonnent du coup un peu toc, comme si on était obligé d’en passer par là pour dire « voilà j’ai écris un roman d’amour. » Un roman bien dans son époque donc et qui se lit sans déplaisir même si j’eus préféré pour ma part un traitement de la forme différent.

Ma note :♥♥♥1/2  /5.     

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Cinéma : "Mud" de Jeff Nichols

AFFICHE1L’Histoire : Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?

« Mud » est le troisième long métrage du réalisateur américain Jeff Nichols. Ce dernier s’est notamment fait connaître grâce à son précédent film « Take Shelter » qui n’avait pas laissé insensible la critique, moi y compris. Il réussit un nouveau tour de force en filmant le fleuve Mississipi comme peut l’on fait avant lui. S’appuyant sur un Matthew McConaughey au sommet et sur un duo d’acteurs adolescents d’une grande fraîcheur, Jeff Nichols nous entraîne dans cette histoire sans coup férir malgré une certaine tendance à la lenteur dans la forme qui ne va pas sans provoquer quelques longueurs qui ne sont néanmoins pas handicapantes tant l’âme de ce film est belle, profonde, énigmatique. Sombre, intemporel car sonnant d’ors et déjà comme un classique, c’est avec un réel plaisir que nous attendons le dénouement d’un ensemble pas révolutionnaire mais suffisamment maîtrisé et abouti pour nous procurer à nouveau un réel plaisir de cinéma. A découvrir dans vos salles préférées. Ma note :♥♥♥♥  /5.

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Cinéma : "L’écume des jours"

l-ecume-des-joursL’Histoire : L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.

Sacré pari que celui tenté par Michel Gondry : adapter au cinéma l’œuvre « L’écume des jours » de Boris Vian. Qui d’autre à par lui aurait pu se lancer un tel défi tant le livre semble être inadaptable. L’univers poétique et fou de Vian transposé par le metteur en scène le plus à même à mon sens de réussir l’exploit tant attendu par les amateurs de l’auteur. Sur le plan esthétique, le pari est réussi : le film démarre pied au plancher avec à l’écran un festival de néologismes et de trouvailles visuelles propres à recréer l’univers fantasmagorique de Vian. Gondry peut également s’appuyer sur un quatuor d’acteurs (Audrey Tautou en Chloé, Romain Duris en Colin, Omar Sy en Nicolas, Gad Elmaleh dans le rôle de Chick) qui semble prendre un plaisir fou à donner vie au texte de Boris Vian. Malheureusement, l’effet de surprise passé, la machine s’emballe pour ne plus tourner qu’à vide. Car dans cette reconstitution cinq étoiles, il manque un élément qui paraît avoir été oublié : de l’émotion. Nous assistons ainsi aux péripéties de Chloé et Colin sans jamais être en empathie avec ce qui leurs arrivent. Le clou est enfoncé lorsque nous découvrons un peu hagard que Gondry s’est réservé le rôle du médecin soignant Chloé. Ce qui aurait pu être une bonne idée tourne au cauchemar tant l’ensemble de ces scènes sont mal jouées par le réalisateur. On en perd le fil et l’on ne voit plus alors qu’une succession de trucages, d’effets spéciaux, certes loufoques mais dénués de chair, de sensibilité. Au final, on se retrouve avec un film bancal, visuellement réussi mais manquant terriblement d’âme. Les spectateurs ne s’y sont pas trompés eux qui n’étaient même pas 360 000 en première semaine pour aller découvrir ce long métrage au cinéma. Une déception.

Ma note :♥♥♥   /5.

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Cinéma : "Les Croods" – "Jack le chasseur de géants"

croods_affiche_-3L’Histoire : Lorsque la caverne où ils vivent depuis toujours est détruite et leur univers familier réduit en miettes, les Croods se retrouvent obligés d’entreprendre leur premier grand voyage en famille. Entre conflits générationnels et bouleversements sismiques, ils vont découvrir un nouveau monde fascinant, rempli de créatures fantastiques, et un futur au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé. Les Croods prennent rapidement conscience que s’ils n’évoluent pas… ils appartiendront à l’Histoire.

Retenez bien le nom de cette famille pas comme les autres : « Les Croods ! » Une nouvelle franchise est née et le moins que l’on puisse dire c’est que je lui prédis le plus grand avenir. En effet, ce film d’animation signé Dreamworks permet à ce dernier de se rapprocher du meilleur des concurrents de Pixar et ce n’est pas un mince exploit tant le fossé semblait se creuser ces dernières années. Dreamworks peut avoir le sourire avec cette famille complètement préhistorique et dingue. La rencontre entre ces esprits primitifs avant tout guidés par leurs peurs ancestrales et un jeune garçon à l’esprit ingénieux maîtrisant l’art de créer le feu, est l’occasion d’assister à des séquences toutes plus hilarantes les unes que les autres. Les Croods ont l’art de la réplique et chacun des membres de cette famille très spéciale est finement écrit par des scénaristes inspirés. Ils sont tous plus drôles les uns que les autres, mention spécial au rapport beau fils – belle mère qui donne lieu à des dialogues désopilants et je pèse mes mots. Du rire donc mais également un spectacle de haute volée tant les couleurs et leurs rendus graphiques sont séduisants. Certaines séquences m’ont paru très inspirées par Avatar et son univers chatoyant, esthétiquement parlant bien sûr. Beauté des décors, dialogues ciselés au cordeau, personnages hautement attachants et d’ors et déjà cultes rendent ce divertissement hautement fréquentable. C’est Le film d’animation à ne pas manquer, un remède contre la sinistrose ambiante. Face au succès des Croods, Dreamworks a annoncé une suite avec aux manettes la même équipe de fous furieux. C’est simple, moi les Croods j’en redemande ! Ma note :♥♥♥♥♥/5.

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Jack-le-Chasseur-de-Geant-Affiche-Finale-FranceL’Histoire : Lorsqu’un jeune fermier ouvre par inadvertance la porte entre notre monde et celui d’une redoutable race de géants, il ne se doute pas qu’il a ranimé une guerre ancienne… Débarquant sur Terre pour la première fois depuis des siècles, les géants se battent pour reconquérir leur planète.

Allez ne nous le cachons pas, lorsque j’ai pris la décision d’aller voir « Jack le chasseur de géants » pour 4.90 euro seulement, je m’attendais à un honnête divertissement avec aux manettes le réalisateur qu’on ne présente plus : Bryan Singer. Un long métrage truffé d’effets spéciaux plutôt réussis, j’insiste vraiment sur le  « plutôt », peuplé de créatures géantes amateurs de chair humaine et n’ayant plus qu’une idée en tête celle de descendre ce maudit haricot géant afin de mettre à genoux un royaume où vit un roi et.. sa fille qui est, vous ne devinerait pas.. une princesse. Là-dessus, patatras.. elle rencontre un certain Jack, paysan de son état. Elle tombe folle amoureuse de lui et.. et bien je ne vous dis pas la suite non mais vous vous attendiez à quoi ;) Le rythme est assez soutenu, les péripéties bien amenées mais voilà, l’ensemble manque cruellement de souffle et disons le tout de go de puissance esthétique. Un produit calibré, ni plus mauvais, ni plus bon qu’un tas d’autres films du même style. Ce n’est malheureusement pas ce pauvre Jack qui sauvera ce spectacle d’un ennui poli. Cet acteur m’a laissé béat tant il est fade à l’écran, un charisme inexistant, des expressions ou plutôt des tics d’acteurs à faire pâlir les réalisateurs d’AB Production, à côté de lui Ewan Mc Gregor passe presque pour un bon acteur, c’est dire la performance de cet obscur inconnu tout droit sorti d’un casting improbable. Alors qu’ajouter de plus sinon qu’il plaira sûrement aux enfants. Moi pour l’heure, je passe mon chemin et lui accorde la mention passable parce que moi aussi je demeure un inconditionnel des géants. Ma note :♥♥♥   /5.

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Cinéma : "Oblivion" de Joseph Kosinski

oblivion posterL’Histoire : Sur une planète Terre devenue méconnaissable, la confrontation d’un homme avec son passé va le mener sur le chemin de la rédemption et de la découverte alors qu’il se bat pour sauver l’humanité de sa perte.

Joseph Kosinski adapte ici son propre roman graphique intitulé « Oblivion ». Ne cherchez pas d’originalité dans cette histoire de pure SF comme on les aiment. Les atouts d’Oblivion sont tout autres avec tout d’abord un casting haut de gamme : Tom Cruise en tête d’affiche, qui n’est peut-être jamais aussi bon que dans ce style de film, ajoutons à cela l’ensorcelante Olga Kurylenko, déjà vu cette année dans le dernier Malick, et vous obtenez là un point fort indéniable. A cela, j’ajouterais une photographie et des effets spéciaux splendides, des scènes d’action de hautes volées, une musique composée par M83 qui rend la première demi heure du film d’une beauté sidérante. Alors oui, Oblivion n’est qu’un canevas de scénarios déjà vu ou entendu ici et là, pas révolutionnaire donc, ponctué de quelques moments assez lénifiants il faut bien le reconnaître, les péripéties sont parfois improbables et disons le tout de go l’on devine assez aisément celles qui animent le dernier tiers du long métrage mais pourtant Oblivion emporte la mise avec un panache qui force le respect du cinéphile que je suis. Ses points faibles recensés ne le rendent que plus attachant encore. Ne nous y trompons pas nous sommes là face à un pur divertissement mais de haute volée, un objet jouissif que tout amateur de SF digne de ce nom possédera dans sa Bluraythèque. Beau comme un soleil couchant sur une terre dévastée « Oblivion » saura vous faire passer un bon et beau moment de cinéma. Un classique que je vous recommande chaudement. Ma note :♥♥♥♥♥/5.

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Littérature – BD

9782747024235_cg2-wonder-in-the-woods-page-079mod_article672786_4L’Histoire : Hugo Cabret est orphelin. Son oncle l’héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or, le garçon a une obsession : achever de réparer l’automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l’incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à lui délivrer… Une fillette amoureuse des livres, un vieux marchand de jouets, hargneux, une clé volée, un dessin mystérieux, un précieux carnet de croquis forment les rouages de cette fascinante énigme.

Ce livre c’est tout d’abord une porte ouverte vers l’imaginaire et la porte franchit des rêvestumblr_lw9zowDsQz1qakgtmo1_500 que peuvent représenter le cinéma, les illustration et la lecture. C’est aussi un cadeau offert à mon petit filleul de 10 ans.. et oui déjà ;) un partage voulu car ce très beau livre concept de Brian Selznick « L’invention de Hugo Cabret » m’a véritablement enthousiasmé tant j’ai aimé cette façon d’aborder des thèmes chers à mon cœur ! Quel plaisir de découvrir ainsi au fil des pages s’égrenant une partie de l’histoire du cinéma dans ce qu’il a de plus magique et d’enchanteur. Georges Méliès était au nombre de ces derniers et son « Le Voyage dans la Lune » sorti rendez vous compte en 1902 représente toute blu-ray-le-voyage-dans-la-lune-lobster-le-voyage-extraordinairel’inventivité de ce précurseur des effets spéciaux, un homme qui avait compris que cinéma et rêve étaient une même source auquel l’homme prendrait désormais plaisir à s’abandonner. La porte de l’infini des possibles était grande ouverte. Brian Selznick mêle de façon très habile les illustrations, le texte, les photos offrant ainsi au lecteur une expérience riche et rarement égalée car ne vous y trompez pas ce récit plaira aux petits comme aux grands enfants que nous sommes encore un peu.. L’invention de Hugo Cabret a reçu la médaille Caldecott 2008, le prix le plus prestigieux aux États-Unis dans la catégorie livre illustré et le moins que l’on puisse dire c’est que cela est amplement mérité. Il a également été adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2011, toujours avec le même succès. Un plaisir des sens qui prend une forme particulière avec le Blu Ray sorti récemment du « Voyage dans la lune » et une image restaurée absolument sublime tant elle est représentative de ce qu’avait souhaité l’artiste qu’était Méliès. La musique à ellefront seule est un voyage avec aux manettes le duo Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin du groupe de musique Air qui signe ici une sublime bande originale déjà chroniquée sur ce même blog. Je précise à ce titre que le LP de Air est disponible à un tarif abordable à la Fnac avec en prime une édition spéciale contenant le dvd du film de Méliès. Le tout dans un très bel écrin : http://musique.fnac.com/a3908080/Air-Le-voyage-dans-la-lune-Inclus-DVD-bonus-CD-album Au final, je ne peux que vous recommander de vivre cette expérience assez unique en son genre : musique, cinéma, illustrations, lecture.. C’est parfois simple le bonheur..

Ma note :♥♥♥♥♥/5.

9782749307015FSLoisel revisite à sa façon le fameux conte de James Matthew Barrie « Peter Pan ». Contrairement à ce que la vision de Disney a fait de ce livre, la version originale porte déjà en elle cette face sombre, Peter Pan ne tue t’il pas tous les enfants qui deviennent plus grand que lui ? On oublie souvent que le Peter Pan de Barrie est un conte certes mais comme tout conte il recèle de nombreuses parts de vérités qui de prime abord n’apparaissent pas aux petits lecteurs enfants mais bien aux adultes. Le « Peter Pan » de Loisel s’adresse à ces derniers ainsi qu’aux adolescents. Le texte fourmille de jurons et autres donnant à cette Bande dessinée un côté paillard que n’aurait pas renié Rabelais. Les illustrations sont vraiment chouettes et ne font que confirmer cet aspect sombre volontairement exacerbé ici. Loisel nous dépeint un monde des plus cruel. Son Peter Pan est plus âgé que l’original et il n’a pas le faciès que l’on imagine pour figurer un tel personnage mais tout cela au fond n’est pas si grave puisque l’auteur le dit lui-même, il s’inspire très librement du monde de Barrie. J’ai vraiment apprécié le tome 29782749307022 que je trouve bien plus riche et bien plus drôle que le premier. L’histoire de ce second tome est la suivante :  Au cours d’une bataille, Peter Pan est entraîné par deux pirates au cœur de l’Opikanoba, refuge des peurs inconscientes, des cauchemars et des blessures profondes… Le premier tome est lui moins attachant, il faut dire que le monde dépeint est vraiment ignoble. Quoi qu’il en soit nous sommes là face à une relecture des plus intéressante du mythique « Peter Pan ». On y prend un plaisir indéniable. Un classique de la bande dessinée que je vous invite à découvrir cher ami(e)s ! Ma note :♥♥♥♥♥/5.

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Cinéma : Le monde fantastique d’Oz – Cloud Atlas ; Musique

Le-Monde-Fantastique-d-Oz_PosterDef_BBBuzzL’Histoire : Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences… Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Sam Raimi aux manettes c’est tout d’abord l’assurance d’avoir un spectacle de qualité. Sur ce point, « Le monde fantastique d’Oz » ne nous déçoit pas loin de là. Les effets spéciaux, le jeux des couleurs (et quelles palettes de couleurs !), les acteurs (même si ces derniers cabotinent gentiment, mais n’est ce pas un peu toujours le cas dans ce type de production) forment les trois éléments clés de ce long métrage qui se regarde comme un grand livre d’images. Les enfants vont adorer, les grands enfants que nous sommes encore aussi. Les 2h de ce spectacle de haute volée passent extrêmement vite à tel point qu’on en redemanderait presque. Si je devais émettre une critique ce serait sur le plan scénaristique avec une linéarité un peu trop prononcée, j’aurais souhaité un peu plus de fantaisies et de surprises tant l’on s’attend aux quelques péripéties qui parsèment Oz. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce dernier détend admirablement et nous en met pleins les yeux. N’est ce pas là l’essentiel pour ce qui m’apparait d’ors et déjà comme un classique.

Ma note :♥♥♥♥  /5.

20341035.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxaffiche-Cloud-Atlas-2012-3L’Histoire : À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

Alors là, pour le coup, on est dans un projet cinématographique en dehors de toutes normes précédemment établies. Les frères Wachowski adaptent ici un ouvrage du nom de « Cloud Atlas » et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont mis des moyens conséquents (on parle de 100 millions de dollars) au service d’une histoire qui pour le coup ne tient pas sur un timbre poste mais bien plutôt dans une encyclopédie. Si vous aimez les films cérébraux celui-ci est pour vous. A toi l’amateur de « Die Hard » et autres « Expendables » je te conseille vivement de résumer ton expérience de « Cloud Atlas » à la lecture de ces quelques lignes tant cette œuvre de science fiction philosophico-mystique est ardue, dense, riche de tant de détails qu’on croit bien s’y perdre littéralement et sombrer en rendant les armes à de multiples reprises. Emmené par Halle Berry et Tom Hanks en tête, les Wachowski ont pour eux le mérite de forger un film audacieux. Très bien accueilli par la critique mais ayant néanmoins fait un bide complet aux Etats-Unis, c’est avec curiosité que je me suis laissé happer par cette folle histoire. Mais las, on déchante très vite devant ce pensum aux costumes et dialogues abracadabrantesques qui dure tout de même 2h45mn ! C’est bien simple je lance un véritable SOS à ceux qui ont, très sincèrement, compris et aimé ce film qui sans la qualité de ses acteurs et de ses effets spéciaux auraient toutes les chances d’être considérées comme un affreux nanar. J’aime le cinéma qui fait réfléchir, qui nous étreint pour ne plus nous lâcher mais là depuis le début de l’année, trop c’est trop, après un Paul Thomas Anderson soporifique, un Malick caricatural, voici les frangins Wachowski en plein délire existentiel. C’est à vous coller la migraine. Ma note :♥       /5.

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music-david-bowie-the-next-day-album-coverCe mois-ci, l’événement musical était le retour d’un David Bowie absent depuis un paquet d’années déjà. Que peut-il encore avoir à dire ? le meilleur est-il derrière lui ? autant de questions qui nous taraudent à l’heure d’écouter le mythe Bowie. Première évidence mais elle est d’importance, la voix est là, toujours sublime, unique, sa présence hors norme se sent même derrière les titres les plus médiocres de ce « Next Day ». Ces derniers ne nous le cachont pas, ne sont pas légions sur ce LP de fort belle facture. « Love is Lost » ou encore « Boss of Me » et la sublime « Heat » clôturant l’album sont autant de moments forts qui placent toujours Bowie bien au dessus de la mêlée. Prenez le temps de l’écouter plusieurs fois car c’est un disque qui se bonifie avec le temps, peut-être pas son plus accessible de prime abord mais comment peut-on résister à cette voix juste incroyable. David Bowie nous prouve s’il en était besoin qu’il a encore de beaux jours devant lui. Avec lui c’est un peu « Valentine’s Day » tous les jours. A écouter sans modération ! Ma note :♥♥♥♥♥/5.

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